Projets pour la Méditerranée

  • Des projets dupliquables à l’échelle méditerranéenne
  • Un soutien en termes de visibilité, de financement et de déploiement des compétences

Cadre de sélection de l'appel à projet

Cet appel à projets visait à promouvoir et accompagner des porteurs de projets du pourtour méditerranéen qui développent des solutions innovantes en lien avec les enjeux de développement durable dans le domaine de la transition climatique des territoires, appréhendée dans sa double dimension: atténuation et adaptation.

Cette première étape devait permettre 

  • aux candidats sélectionnés de tester en grandeur nature leurs projets de solutions et de faciliter leur déploiement sur les territoires de méditerranée,
  • de mettre en lumière les contraintes et enjeux communs de territoires dans lesquelles les ressources locales (biodiversité, terres et ressources alimentaires, eau, énergie) sont particulièrement menacées par les multiples pressions climatiques et, environnementales et les impacts socio-économique qui en découlent.
  • d’évaluer et de partager les besoins des porteurs de projet en terme d’accompagnement.

 

L’appel à projets s’adressait à tout porteur (entreprises, autorités locales, associations, structures académiques), proposant un projet inscrit dans le cadre d’un partenariat incluant au moins deux pays de la Méditerranée, pour des projets conçus comme dupliquables dans d’autres pays de la méditerranée.

Très ouvert en terme de thématiques, l’appel à projets ayant un impact fort à la fois sur la lutte contre le changement climatique et la qualité de vie des populations [1], ciblait plus particulièrement les solutions qui reposent soit sur des technologies particulièrement innovantes incluant le numérique (smart city), soit à l’inverse sur des «low technologies» permettant de redécouvrir et valoriser des solutions traditionnelles bien adaptées à certains espaces ruraux et d’assurer ainsi l’inclusion de tous les territoires dans la dynamique de transition.

 

Un appel à projets qui a connu un réel succès puisque, malgré des délais tendus une quarantaine de projets de qualité ont été reçus et que alors qu’il avait initialement été prévu de sélectionner 10 projets, plus du double ont finalement été retenus.

Ils ont été examinés en fonction de critères combinant notamment capacité du demandeur, pertinence du projet, viabilité technique et financière, impact économique et social, ainsi que reproductibilité.



[1] énergies renouvelables et efficacité énergétique, gestion des ressources en eau ou des déchets, combinaison efficacité énergétique utilisant des énergies renouvelables et gestion efficace de l’eau ou des déchets ;  satisfaction durable des besoins alimentaires et agriculture raisonnée ; accès à la santé au regard de la diffusion de pathologies générées par le changement climatique.

 

Les projets labellisés

24 projets, qui expriment bien la dynamique méditerranéenne engagée contre le changement climatique ont ainsi été sélectionnés pour ces premières rencontres.

Portés par des entreprises, des structures locales, des associations et des structures académiques ils montrent que la société civile est désormais en mesure d’apporter, en mobilisant à la fois sa capacité d’innovation et sa volonté d’agir, une contribution active et décisive pour la tenue des engagements pris par les Etats lors des Accords de Paris. Ils témoignent de la montée en puissance des engagements concrets et d’une réelle progression de la conscience collective, désormais tous décideurs parce qu’acteurs.

Ils correspondent enfin à cette vision très opérationnelle de ces premières rencontres de la MMDC où, en s’appuyant sur des discours toujours plus concrets, sensibles et ressentis on passe à l’action.

Par delà les thématiques auxquelles ces projets se réfèrent, tous ont un impact décisif au regard des enjeux d’atténuation ou d’adaptation ainsi que sur l’augmentation des compétences et capacités de tous. Il s’agit de projets construits avec le souci d’identifier des solutions concrètes, les difficultés à surmonter et donc aussi les facteurs de réussite au premier rang desquels on trouve la question des compétences et/ou des financements à mobiliser ainsi que l’indispensable accompagnement des projets.

Les projets sélectionnés [1], parmi lesquels on compte nombre de projets issus de la région de TTAH, peuvent être classés en 5 catégories, en ayant présent à l’esprit que comme toute classification celle-ci comporte une part d’arbitraire et peut apparaître réductrice au regard de la richesse de tous ces projets qui tous prennent en compte la complexité des problématiques relatives au climat :

-       les projets ressource / renforcement des capacités, qui présentent un intérêt en terme de mise à disposition de connaissances, de renforcement des capacités,  pour tous les autres types de projets et /ou pour la construction des politiques publiques ;

-       les projets touchant à la sensibilisation, l’éducation et la « conscientisation » ;

-       les projets portant sur l’atténuation et/ou l’adaptation dans des secteurs clef parce que les plus émetteurs de GES (transports mobilité / construction bâtiment…) ;

-       les projets reposant sur une Innovation technologique ;

-        les projets de développement d’activités nouvelles reposant sur un nouveau mode de développement et les problématiques d’économie circulaire.

Par delà leur diversité tous les projets ont une constante, il se situent dans l’innovation : celle des process technologiques ; mais aussi l’innovation qui réside dans l’intelligence des conceptions, de la prise en compte des complexités et des interactions du mieux comprendre pour agir ; l’innovation qui réside dans les coopérations entre acteurs, entre régions et territoires de la méditerranée ; l’innovation dans les possibilités de réplication pour qu’une solution imaginée ici, soit aussi réalisable là-bas, dans une autre région, sur une autre rive.

Il appartient aux institutions publiques et aux institutions financières actives en méditerranée de s’en saisir, pour appuyer leur émergence, leur épanouissement, leur changement d’échelle et leur diffusion notamment au travers des politiques publiques et des partenariats à construire entre acteurs publics et privés. Dans ce cadre, la Maison Méditerranéenne du Climat a un rôle particulier à jouer, au service des besoins concrets des acteurs de la transition climatique.



[1] voir en annexe un rapide descriptif des projets


Quel rôle pour la Maison méditerranéenne du Climat ?

Les premiers projets labellisés MMDC, qui ont bien mis en lumière la qualité de la mobilisation et des dynamiques d’acteurs comme les obstacles à surmonter, permettent de préciser le cadre d’appui à construire, dans l’esprit d’un réseau des réseaux, au service d’un archipel d’acteurs.

Les échanges qui ont eu lieu autour des projets durant les premières journées de la MMDC ont traduit une énergie commune et une demande collective pour la constitution d’un lieu très à l’écoute, ouvert, et construit autour et pour les projets ; un lieu incubateur de projets porteurs d’un nouveau développement en méditerranée.

Quelques pistes précises ont d’ores et déjà été mises en évidence pour imaginer :

  • un lieu interface entre Recherche, savoir académique et porteurs de projets
  • un lieu de mise en visibilité, de mise en relations et de coopération, à l’échelle des pays du bassin méditerranéen ,
    • pour des relations entre projets et la construction de synergies et complémentarités
    • pour la mise en relation avec les décideurs politiques, à même de favoriser l’implantation et le développement de projets apportant des réponses concrètes à leurs besoins,
    • pour une mise en relation avec les bailleurs de fonds et les financeurs privés pour couvrir la R & D, le lancement des projets et leur développement,
  • un lieu d’accompagnement des projets, à chacune des étapes clef
    • de l’idée au projet
    • pour construire le projet avec son business plan et son modèle économique,
    • pour accéder au financement
    • pour suivre et accompagner le changement d’échelle et les démarches de réplication
  • un lieu de sensibilisation / formation des décideurs locaux au changement climatique, avec ses enjeux, contraintes et opportunités, afin de leur permettre d’identifier les solutions les mieux à même de répondre à leurs besoins spécifiques,
  • enfin un lieu d’élaboration de suggestions pour faire évoluer les cadres réglementaires et de soutien en s’appuyant sur le benchmarking méditerranéen. 

Ces diverses pistes traduisent l’attente des porteurs de projets pour une labellisation porteuse d’un réel impact parce qu’offrant la possibilité

  • pour les porteurs de projets de tester en grandeur nature leurs projets de solutions et de faciliter leur déploiement sur les territoires de méditerranée,
  • pour les universitaires, experts, développeurs, industriels, institutions publiques, investisseurs, d’apporter un soutien particulier à tel ou tel projet pour en faciliter l’émergence, apporter une expertise scientifique sur un process, une expertise sur un modèle économique, mobiliser des compétences ou des financements.

De premiers contacts ont pu se nouer à l’occasion des échanges des ateliers du 16 décembre. Ils pourront être prolongés et amplifiés, avec le soutien de la MMDC dont c’est sans doute là le rôle majeur : devenir un espace de contact et d’échange créatif avec les décideurs politiques et financiers mobilisés pour l’émergence d’une finance climatique.    

10 pistes concrètes pour la Maison Méditerranéenne du Climat

  1. Lieu de labellisation de projets pilotes
  2. Construction d’un répertoire des territoires d’accueil pour projets pilotes
  3. Formation et implication des élus pour les rendre partie-prenantes et éviter les rejets ;
  4. Aide à la prise de contact avec les autorités locales, régionales –échelle privilégiée- , nationales (lobbying politique, législatif, financier)
  5. Logique d’incubateurs, aide à la création d’entreprises en particulier pour les jeunes, appui aux outils financiers ; recherche de nouveaux marchés de nouveaux modes de financement
  6. Logique de parrainage, mobilisation des bailleurs de fonds internationaux (trouver les « bons » bailleurs) ; rapprochement public/privé
  7. Mise en place d’un système ouvert de données ; échanges de données libres de droit
  8. Mise en lien autour de lieux physiques -échanges entre porteurs de projets sur la durée y compris sur les difficultés rencontrées ; lieu de solidarité entre projets et non pas de concurrence-
  9. Soutien aux personnes pas seulement aux structures  (coaching);
  10. Changement de langage pour que la sensibilisation s’inscrive dans les politiques publiques ; - aider à fixer les objectifs à atteindre (les chartes existent déjà)